Souvenirs de l'an passé
SOUVENIRS DE L’AN PASSÉ
Bilan de l’année
J’ai de si beaux souvenirs
En ostensoir
Quelques pétards ont à peine troublé mon sommeil, la nuit du 31 décembre : dernière nuit 2023 à partager ses heures avec la première nuit 2024. Cela mérite-t-il solennité ?
Les jours de la nouvelle année font se couler dans ceux de l’ancienne, ni vu, ni connu, j’t’embrouille, calendrier de bonneteau ! Quel deus ex machina sera capable de trier les bons des mauvais ?
Messe de Noël
Dans l’air chaud l’encens s’élève
A coups d’éventails
Que reste-t-il des instants passés, sinon un éventail replié, quelques couleurs qui transparaissent ne laissant rien deviner des feuilles, fleurs, papillons et oiseaux qui furent brodés là.
Lorsque la mémoire le déploiera afin d’aérer les tristes comptines du monde, la ronde des muselés, « à la guerre tu iras, piégé encore une fois… », saura-t-elle en restituer toutes les saveurs ? Son demi-cercle étalé incitera-t-il le présent à n’être que présent ?
Nos instants sont sphères, bulles, une face visible, une face invisible. Comme la lune pataude que je retrouve ce matin, un peu éméchée, flocons se mêlant aux autres nuages ; sa course n’a pas été affectée par le changement de date.
Nos instants sont cosmos en mouvance, une géométrie pas très mathématique d’un espace fixe (la mémoire) dans lequel migrent les paillettes fugaces des instants « présents » devenus simultanément « passés ». dans le bilan d’une existence, tout se confondra.
Le rond d’un parapluie
A volé hors véranda
… sous la pluie
Aurons-nous enfin pluie conséquente qui mouille, à défaut des grenouilles qui ont fui tous nos jardins ? Autant formuler vœux utiles, vœux possibles : « Il a eu plu, il pleuvra encore » aurait dit ma voisine avec son inimitable accent « bas-alpin ». Son sourire depuis longtemps dans l’éventail refermé, un pli infime pour un instant mis à plat.
Ah ! J’ai de si beaux souvenirs de 2023 ! Le dernier en date, ce moment extraordinaire de recueillement à l’église Saint-Jacques.
Or et encens
Jusqu’au parvis de l’église
La bénédiction
L’ostensoir, soleil aux mille rayons, promène sur l’assistance son double éventail renfermant ce qui fut et ce qui sera, ce qui est éternellement Vie.
Voilà qui console, qui rassure. La paix, demain ? Kisa i pè konète ?
Jardin aux mille verts
Qui saurait l’ignorer
Dans la paix des chants ?
(1er janvier 2024)
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