Madame Desbassyns la fine mor

Publié le par Monique MERABET

Madame Desbassyns la fine mor

250706

 

MADAME DESBASSYNS LA FINE MOR

 

Grand frais d’alizés

les « crêtes de coq » fleurissent

l’herbe desséchée

 

Il a plu cette nuit, m’annonce la voisine au lieu de se plaindre du froid de la nuit et du vent qui va reprendre ses assauts.

Changer par une parole l’humeur du jour. Mettre l’accent sur ce qu’il y a de beau, ce qu’il y a de bon. Résister. Penser. Créer.

Ah ! Être de ceux-là qui mettent des couleurs dans la vie, ceux qui captent la moindre lueur au cœur des ténèbres d’un chagrin, d’un deuil et qui en badigeonnent notre petit bout de ciel. Mener le monde vers la lumière.

J’aime ce début de l’évangile selon Jean, comme un commencement d’être :

 

La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.

 

Pourquoi craindre alors que nos pensées lumineuses finissent par s’éteindre sous le sinistre boisseau d’un monde en dérèglement?

Garder son âme en éternel printemps. Sans jamais rien renier des sentiments généreux qui nous animent et de l’amour que nous éprouvons pour notre entour.

Garder cet élan qui nous porte vers l’autre malgré la cruauté des puissants qui arrachent les enfants à leurs familles, les pays à leurs peuples, qui piétinent jusqu’aux souvenirs des moments heureux, ceux qui tirent sur les réfugiés, les affamés.

Mais laissons là la lourde litanie des exactions répétées.

 

Musique du vent

au tronc enrubanné d’ombres

un écho sacré

 

Comme un macramé sur l’écorce boursouflée du vieux manguier. L’arbre de nos mémoires réunionnaises !

L’esclavage est passé (Madame Desbassyns la fine mor…) et ne reviendra pas. Nous sommes debout ; résilience qui pourrait être harmonie en noir et blanc malgré ceux qui se torturent à perpétuer les clivages de couleur de peau ou de genre.

Je suis être de mélanges. Je vis sans pardon (ni à demander, ni à accorder). Seul compte l’avenir encore à construire pour ce jour qui viendra, couleur d’orange.

 

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