Et les feuilles tombent... tombent
260313
ET LES FEUILLES TOMBENT… TOMBENT
Feuilles tombent tombent
aux derniers feux de l’été
plus loin le volcan
La coulée de lave va couper la route nationale. Seule voie reliant Saint-Philippe à Sainte-Rose à travers le Grand Brûlé.
Événement spectacle captant les feux de l’actualité. La guerre, où ça ?
Flot d’images sur les écrans. J’admire. Je suis heureuse d’être loin des foules excitées, loin des effluves toxiques…
Ma poubelle se remplit de feuilles d’arnre à pain. Qui fera le tri entre les sèches, archisèches, les dorées, les cuivrées, les vert bronze. L’automne en mon jardin, une semaine avant l’équinoxe, le printemps des autres.
Les feuilles qui tombent, grandes, petites, géantes, aux allures d’oiseaux dinosauriens, subissent toutes le même sort.
(Pourquoi écrire : « subissent » ? Les plantes ne sont pas humaines. Elles savent ce qui doit arriver. Elles ne se lamentent pas sur leur fin. Seuls les poètes trop exaltés s’imaginent parfois les entendre pleurer — violons de l’automne — et geindre sous les bourrasques.)
Saurai-je comme elles, poursuivre en sérénité mon chemin de vieillesse ? L’automne de la vie, dit-on… c’est pas vilain les fleurs d’automne.
Tant qu’il y a souffle et sensations, il n’y aura pas d’hiver.
Trois saisons pour l’existence humaine, pas une de plus, pas une de moins.
Oh ! Je ne vous oublie pas Petits Princes partis au printemps, en l’été de vos âges. Je veux croire en un possible au-delà d’accomplissement.
Sautes de vent
dérangeant mes mèches blanches
quoi de plus naturel ?
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