De mille manières
260420
DE MILLE ET UNE MANIÈRES
(Boire son café, cultiver son jardin…)
L’oiseau qui s’obstine
s’il opine s’il s’indigne
jamais ne saurai
J’ai avalé sans réfléchir l’oiseau du café… bec et ailes à peine formés. En signe de protestation, il m’a brûlé la langue.
Je me demande comment les anciens (comme Papa) étaient capables de boire cul-sec le café bouillant. La tasse était petite, il est vrai, et le café bien serré. Moi, je sirote mon café léger en écrivant. O tempora, o mores !
Mais, qui m’oblige à aller au bout de la page, à noter tous ces mots farfelus qui me viennent ? Qui m’oblige à choisir si grande tasse ?
Comme chacun sait, la plupart du temps, écrire consiste à baliser une aire de slalom à la petite fourmi quand elle vient.
Tiens ! Pas vu ma muse manquée depuis deux jours. L’encre d’un nouveau stylo ne lui convient peut-être pas. Peut-être a-t-elle rejoint la cohorte des défenseurs de son clan et m’attend-elle à fleur d’une touffe de chiendent ? Me boulotter les tendres orteils, y songe-t-elle ?
L’herbe repousse vite et devient trop dure à arracher, ce qui enlève un peu du côté zen de mon patio. Bah ! Je n’aime ni l’alignement, ni la symétrie qui rigidifient les contours.
J’aime ces touffes insoucieuses d’herbe rémanente surgissant de la terre dure et sèche. Il faudrait des pluies et des pluies pour que le sol s’ameublisse.
Pousse qui poussera ! Il y a mille façons de cultiver son jardin. Au petit carré que je voudrais « provençal », le mieux n’est-il pas de rester entre deux, d’attendre… aujourd’hui peut-être ou alors demain…
Procrastination bienheureuse qui me permet de m’émerveiller sur la biodiversité d’un espace minuscule.
Cette rosette de feuilles… et si c’était ?
Manger un kaki
rêver de plaqueminier
ombrant ma varangue
et si l’arbre ne vient pas
savoir le nommer est joie
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