Harmonies

Publié le par Monique MERABET

Harmonies

HARMONIES

 

 

 

Moineau solitaire

sur l’antenne abandonnée

une odeur de pluie

 

Inn ti lodèr la pli : premier ressenti en ouvrant la fenêtre ; à la radio, un pasteur fustige l’insensé qui voulait voir le sifflet du rossignol. Je ne sais pas ce qu’il voulait prouver à ses ouailles… mais est-il si insensé celui qui veut voir le chant de l’oiseau ?

Je suis certaine cependant que l’on peut percevoir la pluie par l’odorat. Alors, pourquoi pas un son par la vue ? Les stridulations des grelets d’avant-printemps, m’apparaissent comme constellations de points lumineux… à apparier aux étoiles.

On ne voit bien qu’avec les yeux du cœur et il ne faut pas hésiter à se bousculer les sens… sens dessus dessous ! Et le poème symboliste ( ?) de Badelaire n’exprime rien d’autre : « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. »

 

Fleur naissante

flamme rouge

quel est ton chant ?

 

Et le café, couleur que l’on boit, les yeux fermés. J’ai peut-être avalé une silhouette, une nébuleuse, un oiseau, un arbre… la Reine de Saba pour peu que les grains viennent d’Éthiopie.

On prête formes aux nuages ; vu d’en bas, le ciel est à la fois immense et à portée de perception. Les yeux de chair rapetissent le monde pour le rendre à notre mesure. Que voit une fourmi au pied d’un éléphant ? Et, sans cette illusion, verrions-nous la lune ou le soleil ?

Par nos sens nous recréons l’univers, nous transcendons les limites humaines entre ultra-violet et infrarouge, entre infiniment grand et infiniment petit : telle est la vie à notre échelle.

Valse mélancolique et langoureux vertige des espaces infinis. Et toujours l’harmonie.

 

(17 aout 2018)

Publié dans Habiller la lune

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article