Dimanche par procuration

Publié le par Monique MERABET

Dimanche par procuration

DIMANCHE PAR PROCURATION

 

 

Des étoiles partout

papillotant dans mes yeux

je retourne à la nuit

 

Mon haïku pastiche de Santôka :

 

Des lucioles partout

je suis retourné

dans mon village natal

 

La nuit n’est pas mon village natal mais un séjour où je m’attarderais bien parfois. Insomnie due au vent qui fait grincer quelque chose de métallique (rouillé ?) ou peut-être seulement le frottement de branches sur le toit.

 

Bête en fil de fer

entre les tiges de papyrus

un liseron dessine

 

Une minuscule fourmi court sur la page blanche sans laisser de traces. Ah ! Trempez-la dans l’encre bleue, trempez-la dans l’encre violette ! afin de suivre les entrelacs de son chemin sur le papier. Il m’est insupportable que sa calligraphie me reste imperceptible. Inaccessible en mon cahier !

Elle est passée par ici, elle repassera par là… mon stylo n’est pas assez véloce pour matérialiser son empreinte.

J’ai changé de plume sans plus de succès. Finalement, je me dis que coller aux déplacements de la fourmi, ce serait lui aliéner sa liberté. L’observateur perturbe l’évènement en cours par sa simple présence. Alors s’il s’agit de fouiner…

Imaginer plutôt la cartographie du monde parcouru par l’insecte : îles d’eau, bordées de ruisseaux, rivages se confondant aux sentiers… une espèce d’univers flottant. À l’image de ma pensée qui vagabonde, funambule sur le fil d’une insomnie éveillée. Et cette envie de me rendormir, de faire basculer le jour dans la nuit.

 

L’air déjà moite

je suis fleur

désirant la pluie

 

Me contenter de buller. Oui, je sais, on n’est pas dimanche. mais rien ne m’empêche de transgresser l’ordre des jours, de décréter un dimanche échappant à la régularité du temps comptabilisé.

M’accorder un dimanche buissonnier ? J’en bâille déjà.

 

(16 mars 2021)

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J
En cette nuit sans étoile, bercée par l'océan, de ma fenêtre de Manapany, je reçois ce message poétique qui allume des lumières dans le noir. Merci pour ces instants suspendus dans le temps.
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M
Merci Isabelle pour cette fenêtre ouverte sur Manapany... de quoi faire de beaux rêves!