Esquisses

Publié le par Monique MERABET

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ESQUISSES

 

 

 

Je suis libérée… Ils n’ont pas besoin de ma présence comme jurée à la Cour d’Assises. Alléluia ! Je vais fêter ça au Jardin de l’Etat près du grand bassin aux lotus bleus, roses, crème.

J’aurais voulu tout écrire de ce ballet de lumière, de ces reflets fantastiques jouissant de leur propre vie, de leur propre mouvement.

Instant magique à essayer d’imaginer un album de haïkus inspirés !

 Mais comment les dire, comment les écrire ? Comment inscrire en trois lignes et quelques syllabes la grâce d’une rose virtuelle qui palpite dans l’eau alors que la fleur réelle reste immobile au bout de son long col gracile ?

Comment traduire l’émotion qui empreint mon cœur lorsqu’un banc de poissons rouges joue, en toute innocence, à passe-lotus ?

Ma vision culbute sens dessus dessous à contempler les cimes des palmiers poussant si haut vers le ciel, si profond au mirage de l’abîme d’un bassin.

Dieu ! Que la vie est belle ! Et mon incapacité même à exprimer par des mots l’enchantement qui m’enveloppe comme d’un mystère sacré, me plonge dans le ravissement.

L’important n’est pas ce que j’arrive à écrire. L’important, c’est ce qu’il m’a été donné de vivre là, après l’oppressante approche –heureusement brève – du monde rouge et noir de la « Justice de mon pays ».

Et il me reste toutes ces promesses de haïkus, tensakus que je pourrais modeler et remodeler tout à loisir. Et s’il n’en demeure qu’un, ce sera le plus beau, le plus juste.

 

le dos au bassin                                 mon rêve immobile

la jeune fille crayonne                         l’eau du bassin passe

des lotus                                           au rythme des lotus

 

lotus multicolores                              les hautes cimes

une grosse libellule                            dessus, dessous

de l’un à l’autre                                 le plan d’eau

 

 

 

cimes des palmiers                            mon regard

se reflétant dans l’eau                        vers les hautes cimes

l’oiseau…le poisson                          l’oiseau encore plus haut

 

lotus immobile                                   rides sur l’eau

un reflet rose palpite                          un banc de poisson traverse

dans le courant                                  le lotus rose

 

reflet des hautes cimes                       cercles sur l’eau

un poisson rouge                               à l’approche d’un poisson

s’y perd                                            le lotus bleu palpite

 

(Monique MERABET, 24 Octobre 2011)

 

Publié dans haïbuns

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claude Guillon-Labetoulle 28/10/2011 14:53



Poétique et sereine ton après-midi au Jardin de l'Etat...J'aime particulièrement les poissons qui traversent les lotus et le jeu du lotus à la fois immobile et mouvant et encore le poisson perdu
dans les palmes (un peu surréaliste, non?). Merci de nous faire partager ces instants de quiétude.bises.


claude 



Monique MERABET 28/10/2011 19:11



Merci pour tes appréciatins, Claude. Ce fut vraiment un petit moment de fraîcheur après l'atmosphère quand même pesante de la salle des Assises. Et aujourd'hui, je m'en réjouis d'autant plus que
ces feux dûs à la malveillance de quelques criminels nous font basculer dans l'horreur.