Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 19:47

 

 

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LES FLEURS QUI ME RESSEMBLENT

 

 

 

L’orchidée offerte

fascination pour la feuille

brunie au soleil

 

J’aime les fleurs qui me ressemblent, celles qu’on peut planter n’importe où, celles qui s’accommodent de mon jardin libertaire.

Je me sens toujours gênée lorsqu’on m’offre une de ces orchidées de prix, une de ces stars de serre à la somptueuse floraison. Je culpabilise. J’ai envie de dire : « Non ! S’il vous plaît, offrez-moi quelque herbe modeste et rustique, une bouture prélevée dans votre jardin, quelques graines à surprise, voire une « peste végétale » (longoz, marguerite folle, galabèr, bringellier, etc.) qui enchanta mon enfance ».

Je n’ai aucune propension à dorloter ces sublimes hybrides exilées de leurs forêts natale et qui réclament un dosage précis – Ô combien ! – de lumière et d’arrosage… quand il ne faut pas les nourrir d’engrais systémiques !

Je n’ai pas un tempérament de collectionneuse. Dans mon jardin, pousse qui pousse et meurt qui meurt… Toutes les plantes de la nature sont égales en beauté, en complexité, et la vie s’y complaît sans en dédaigner aucune.

 

Le mandala

de la fleur de galabèr

sa joie me suffit

 

Les végétaux de mon jardin vivent au rythme qui leur convient ; ce sont eux qui différencient mes saisons. Ils savent capter les infimes variations météorologiques pour fleurir à bon escient comme le buis de Chine et l’orchidée tipijon dont j’ai abondamment parlé.

 Comme l’orchidée-crabe aussi, qui ne fleurit qu’en « dépression ». Rien à voir avec un quelconque état dépressif bien sûr. Mes plantes respirent la joie !

La joie… N’est-ce pas là  l’essence même des feuilles et des fleurs dans la grâce de leurs danses, dans l’explosion de leurs couleurs et de leurs parfums ?

La joie, n’est-ce pas aussi l’essentiel de notre existence d’humain ?

Et si… et si, finalement, notre présence éphémère n’avait d’autre destin que l’impondérable et la légèreté d’une rose ?

 

Kosa in shoz ?                                                           

Kan mi pran la doush                                                 

mi tir pa mon joli                                                        

ti robe la soi    

 

Qu'est-ce que c'est?

Quand je prends une douche

je n'enlève pas ma jolie

robe en soie                                                        

 

(Monique MERABET, 29 Mai 2012)

Par Monique MERABET - Publié dans : Echanges entre blogs
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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 18:51

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Á QUELLE HEURE ?

 

 

 

Des jours et des jours que je la guette. Je sais qu’elle est là : le bruit de ses pas sur les feuilles sèches, ou bien encore cette ombre furtive qui apparaît sur le mur.

Parfois, c’est le chien qui la débusque et qui reste en arrêt. Elle aussi, s’immobilise et, profitant du silence de mon souffle retenu, s’éclipse comme un éclair par-dessus la clôture.

Bien que déçue, j’en suis soulagée. Je ne voudrais pas que le chien lui fasse du mal. Je souhaite juste lui capturer un peu de son image.

Mais, maline, elle choisit de s’exposer lorsque mon appareil photo est resté bien rangé dans la chambre. Comment le sait-elle ?

 

la caméléone -

saurai-je un jour à quelle heure

elle se montre ?

 

(Monique MERABET)

Par Monique MERABET - Publié dans : Echanges entre blogs
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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 16:25

 

 

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PARTITION

 

 

 

Portée des fils…

Deux blanches, trois noires

une… rouge ?

 

C’est écrit dans le ciel

une noire vaut une blanche

et le rouge cardinal

et le jaune bellier

valent tout autant

sur la partition…

 

Comment la jouer sans fausse note ?

 

la musique des oiseaux

s’invente des couleurs sonores

des sons irisés,

ailes noires et ventres blancs

et le bec, et le bec…

bleu d’une tourterelle

en contrepoint.

 

Ces notes qui bougent tout le temps

si je photographiais

un nuage ?

 

(Monique MERABET,18 Avril 2012)

Par Monique MERABET - Publié dans : Echanges entre blogs
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 19:01

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Fontaine tortue

l'eau ne coule plus

la dodo* lé la

 

*la Dodo est une marque locale de bière

 

 

 

 

 

Les teintes inhabituelles du ciel ce matin : ce bleu intense transparaissant sous des flopées de nuages gris – gris intense lui aussi – et la colline violemment éclairée.

Je m’étonne de ne pas retrouver me repères habituels. Aurais-je basculé dans un improbable univers parallèle, à l’image de celui de 1Q84, le roman de Haruki Murikami que je lis en ce moment ?

Mais non, rien n’est plus normal que ce jeudi 24 Mai 2012… Á chaque instant qui passe, un monde différent…

 

Lizron ti toupi

ce matin il a choisi

fleurir le ricin

 

Á chaque jour aussi, sa découverte.

Ainsi, cette petite fontaine dénichée hier sur une placette du quartier du Bas de la Rivière. Je suis passée là quelques fois sans rien soupçonner de sa discrète présence.

Elle mérite notre attention, pourtant : finement ouvragée de feuilles et de tiges, et cette originale tortue par laquelle coule l’eau .

Enfin, par laquelle coulait l’eau… Hier elle était à sec la petite fontaine et si mal entretenue.

 

Près de la boutique

silence d’une fontaine

la cannette vide

 

(Monique MERABET, 24 Mai 2012)

 

Par Monique MERABET - Publié dans : INSTANTS
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 12:33

Monique 499

 

LA CHANSON D’OPHÉLIE

 

 

 

Flottant là-bas comme une voile

Est-ce une fleur, une étoile

Qui aurait perdu le Nord ?

Est-ce un oiseau qui dort ?

Ophélie ! Les longs roseaux

Chuchotent ton nom.

Ophélie ! Au gré de l’eau

Se meurt ta chanson.

 

Les eaux d’hiver n’ont plu de larmes

Pour dire un adieu aux charmes

D’une âme frêle comme aurore

Qui vient à peine d’éclore.

Ophélie ! Les longs roseaux

Chuchotent ton nom.

Ophélie ! Au gré de l’eau

Se meurt ta chanson.

 

L’amour se mutine en folie

Sous la couronne d’ancolies

Marquant l’envers du décor

Le faux, le laid, le mort.

Ophélie ! Les longs roseaux

Chuchotent ton nom.

Ophélie ! Au gré de l’eau

Se meurt ta chanson.

 

En Elseneur tout est terni.

Le dernier printemps a fui

Larguant l’illusoire port

Des jeux troubles du sort.

Ophélie ! Les longs roseaux

Chuchotent ton nom.

Ophélie ! Au gré de l’eau

Se meurt ta chanson.

 

Et quand ta grâce sera fange,

Que deviendra alors l’ange

Qui embellissait ton corps ?

Qui t’aimera encor ?

Ophélie ! Les longs roseaux

Chuchotent ton nom.

Ophélie ! Au gré de l’eau

Se meurt ta chanson.

 

Le ciel fasse que la Fée Glace

Te sertisse en une châsse

Te gardant comme un trésor

Icône aux cheveux d’or.

Ophélie ! Les longs roseaux

Chuchotent ton nom.

Ophélie ! Au gré de l’eau

Se meurt ta chanson.

 

(Monique MERABET)

Par Monique MERABET - Publié dans : Echanges entre blogs
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